On s'engueule à la rédac pour savoir si "Hurlevent" est super ou nul

Salut, c’est Pharrell. Cette semaine, Sandra et Lucie ont vu Margot Robbie et Jacob Elordi se la donner dans la brume.

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3 min ⋅ 12/02/2026

Lucie Bacon, qui n’a pas aimé :

Les Hauts de Hurlevent est un drame d'une violence inouïe, où les personnages, pour beaucoup d'une perversité malsaine, torturent parfois physiquement, parfois psychologiquement, ceux qu'ils aiment pourtant le plus. C'est un récit mystérieux, sombre, où les vents qui hurlent couvrent les cris de ceux qui souffrent.

Emily Brontë a 29 ans quand elle écrit ce récit, d'une telle violence que nombreux sont ceux qui ont cru alors qu'il avait été écrit par un homme. La jeune femme n'a elle-même vraisemblablement que peu connu l'amour charnel et a plutôt puisé son inspiration dans des contes populaires et mystiques.

Alors, forcément, lorsqu'on découvre la bande-annonce de "Hurlevent" et son approche érotique, on se doute que la réintérprétation va primer sur l'adaptation. La réalisatrice elle-même avoue qu'elle a voulu montrer à l'écran sa propre version de l'œuvre telle qu'elle l'a lue à l'adolescence. À la BBC, elle confie notamment : "Je voulais créer quelque chose qui me fasse ressentir la même chose qu'à la première lecture, une réaction émotionnelle. C'est presque primitif, sexuel." Puis : "C'est absolument unique. C'est tellement sexy. C'est tellement horrible. C'est tellement bouleversant."

Et si son film sait retranscrire parfaitement l'atmosphère inquiétante, sombre et torturée des falaises du Yorkshire, le récit devient à l'écran un idylle quasi romantique, avec une promotion autour de la Saint-Valentin en France un peu saugrenue. L'histoire d'amour entre Cathy et Heathcliff, interdite car presque incestueuse dans le roman, est devenue glamour, sexy et érotique. L'omniprésence du sexe ou sa suggestion tranche franchement avec la violence, la folie et la perversité qui définissent les protagonistes. Des passages de tortures psychologiques sont d'ailleurs rendus grotesques et font même rire dans la salle, alors qu'ils vont mener à la chute tragique de personnages dont on tente de comprendre le fonctionnement affectif.

En bref, une adaptation que l'on dirait bien plus pensée pour inciter le public à fantasmer sur un couple sexy que pour réfléchir à la complexité des sentiments et des relations familiales et amoureuses.

© Warner Bros. Pictures


Sandra Gomes, qui a bien aimé :

J’ai adoré, j’y reviendrai, encore et encore. L’histoire d’amour présentée dans ce film est bien plus proche d’une réalité moderne qu’on ne pourrait le penser. C’est une histoire torturée, malsaine, mais profondément humaine et c’est ça que j’ai autant aimé. Les imperfections des personnages principaux détonnent avec ce que l’on imagine habituellement d’une adaptation d’un roman classique du XIXᵉ siècle (comprenez : chiant).

Et c’est précisément là que réside notre erreur, nous qui avons découvert ce film sans avoir lu l’œuvre originale d’Emily Brontë. Car en réalité, son récit était déjà audacieux, violent et révolutionnaire (my bad, je le découvre seulement maintenant, en commençant la lecture originale).

Dans ce film comme dans la vie, personne n’est entièrement bon ou mauvais. Chacun est traversé par des pulsions destructrices, des élans de jalousie, de possession, de désir. Et c’est cette complexité morale qui rend le film si fascinant. Je revis les émotions de Montoya finalement.

L’esthétique du film participe pleinement à cette immersion. La théâtralité assumée transforme le récit en un rêve fiévreux, presque hypnotique, curieusement très agréable à regarder malgré la violence des sentiments qu’il déploie. C’est notre petit côté voyeur-sado-maso fan de Faites Entrer L’accusé, très propre à notre époque.

Moi, complètement hermétique au romantisme hollywoodien, j’ai été agréablement surprise d’y découvrir la noirceur et la perversité du réel. Ce n’est donc pas un film confortable mais c’est précisément pour cela qu’il m’a marquée. Il montre l’amour dans ce qu’il a de plus extrême, de plus laid parfois, mais aussi de plus sincère.

Ajoutez à cela : le drip de fou de Margot Robbie et la playlist pop signée Charli xcx, vous avez fini de me convaincre. J’ai même acheté le bouquin. Pas de panique les viocs, on va les lire vos vieux parchemins. <3

Hurlevent est en salles.

Parfois, quand on lance en créa des idées, on se plante. Cet “axis” est issu d’un carrousel Marty Supreme vs Hurlevent que vous verrez passer sur votre feed Insta dans les jours à venir. Cette slide, très con, n’a pas été retenue, alors qu’elle frôle l’art contemporain. Je me devais donc de lui donner une vie ici.

© Ian MacNicol/Getty Images

Kokomo Murase, 21 ans, a remporté la médaille d’or de l’épreuve de big air aux JO. Depuis, je ne pense qu’à la veste Yonex de la Team Japan et au casque irisé Oakley qui va avec. Est-ce que je sais tenir sur un snowboard ensuite ? Pas du tout, j’ai même du mal à compter de 180 en 180 pour bien additionner les rotations.

À la semaine prochaine,
Pharrell

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Par Konbini

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