Salut, c’est Pharrell. Cette semaine, on “naît pour un petit pain” et on meurt “pour une piscine hors-terre”.
Un vendredi dans votre boîte mail, et ce n’est même pas parce qu’on est en décalage du lundi de Pâques. Non, c’est qu’avant de commencer votre lecture, je vais vous dire d’aller appuyer sur Lecture. Lecture sur l’album de Vincent Roberge, alias Les Louanges, qui vient de sortir ce matin. Une autre forme de vendredi saint, finalement.
J’avais déjà vu passer son nom, écouté quelques chansons, mais à part son exotisme, je n’avais pas mis le genou à terre pour Les Louanges jusqu’à “Je confirme ma présence”, 1 minute et 48 secondes d’une boucle bancale à s’arracher le cœur qui, en 4 mois depuis sa sortie, a déjà vécu plusieurs vies dans mes playlists. Une chanson qui entame Alouette! et qui en résume l’essence : le chemin de la vie est semé d’embûches, et avant d’aimer, on va sacrément souffrir et, collectivement, devoir faire amende honorable.
Cette introspection en 15 pistes a des airs de voyage scolaire où vous auriez fait genre de parler la langue sur la documentation de présentation envoyée en amont à votre famille d'accueil. Parce que le fier vocable québécois de Les Louanges est un élément central de sa poésie. Dans Alouette!, c’est l’ultra-spécifique qui fait résonner l’universel, c’est l’amour et les doutes qui nous habitent toutes et tous, exprimés à travers des racines où les références queb’ s’additionnent sans cesse.
© Jean-François Sauve
Parfois, c’est l’histoire du Québec que Les Louanges questionne, parfois, c’est une référence à une chaîne de magasins endémique qui nous place sur la carte. Comme quand il fait rimer , “des milliers de conifères qui se sont abattus sur mon grand-père” avec “saint-parking de Sports Experts” sur le superbe “Chez nous”. C’est là que ma comparaison fumeuse avec Zola prend vie. En écoutant Alouette!, on explore un territoire avec une précision qui frôle le naturalisme : derrière chaque rime, on imagine des gens et des vies. Des rouages qui prennent ensuite sens dans une volonté humaniste, un espoir de vivre ensemble.
“Chez nous, c’est chez nous, là où j’ai grandi, où certains cultivent leurs jardins avec amour, laissent quelque chose aux prochaines pousses, et d’autres qui se contentent de clôturer leur cour et dire à d’autres : ‘rentrez donc chez vous’. Chez nous, c’était pas chez nous avant qu’on décide d’appeler ça chez nous, c’est ironique de mettre son pied à terre s’il y a du monde juste en dessous.” - Les Louanges sur “Chez nous”
En chemin, Les Louanges se trouve aussi lui-même dans ce curieux vide d’identité entre la vie d’adulte et celle d’adulte-adulte. Là où on croise l’amour, mais aussi les premières vraies difficultés :
“C’est un album, je me posais des questions sur mon identité mais y’a d’autres affaires qui ont fait en sorte que je m’en suis complètement tapé après un bout’.” “Je tiens à dédier cette chanson-là et d’autres chansons de l’album aussi à tous les proches aidants (...), y’en a beaucoup plus qu’on pense, c’est un travail extrêmement difficile, gratifiant, pour lequel j’ai une quantité infinie de respect”, partage Les Louanges au micro de Radio-Canada lors d’une session live Sur Mesure.
Un live intimiste où Les Louanges déclame sa lettre d’amour au Québec le temps d’un coucher de soleil sur Montréal, parce que pour la promo d’Alouette?, “quoi de plus queb’ qu’un bon vieux gars avec sa guitare”.
Alouette! est dispo partout où vous écoutez de la musique. Les Louanges sera en concert à la Gaîté Lyrique le 3 février 2027.
Il vous reste des chocolats de Pâques ? Vous aimez faire un tour sur le toboggan des tendances douteuses du grand Internet ? Bien sûr que j’ai préparé l’ovni chocolat-Pringles qui inonde de son Nutri-Score XYZ nos feeds. C’est très con, mais c’est génial.
Quand les profs de maths nous disaient qu’on allait avoir à faire des produits en croix dans notre vie, je ne pense pas qu’ils imaginaient que ce serait pour calculer ça : avec les prix qui flambent, SCH peut-il emmener sa gâtée jusqu’aux calanques avec 7 euros d’essence ?
© Les Néréides / Huawei
En préparant notre sélection mode de printemps, je suis tombé sur la collaboration entre Les Néréides et Huawei, où les petites fleurs se clipsent sur leurs écouteurs. Si rare que la technologie et le beau se complètent. (bijoux 100 euros, écouteurs 129,99 euros)
À la semaine prochaine,
Pharrell
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